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Mes doubles pèlerinages au Japon et en Espagne

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Le pèlerinage permet de découvrir à quel point le passé et le présent sont proches. Des millions d’autres voyageurs ont emprunté le même chemin que vous. En traversant des forêts et des champs inchangés depuis des millénaires, vous réalisez que c’est la même terre, la même force spirituelle qui vous unit à tous ceux qui vous ont précédé.

J’ai eu la chance de vivre deux expériences uniques de pèlerinage dans deux parties du monde très différentes. En Espagne, j’ai fait une randonnée de Mondonedo à Saint-Jacques-de-Compostelle, un segment de l’emblématique Camino de Santiago, qui attire des centaines de milliers de pèlerins chaque année. Au Japon, j’ai fait une randonnée plus courte entre deux des trois sanctuaires Kumano-sanzan du Kumano Kodo sur la péninsule de Kii, au sud d’Osaka.

Il y a de nombreuses années, j’ai lu Le pèlerinage de Paulo Coelho et, plus tard, Le Camino de Shirley Maclaine. Après avoir lu ces livres, j’ai été fascinée par le Camino et j’ai su qu’un jour je le parcourrais. À Noël dernier, ma sœur Sandra m’a dit qu’elle parcourait le Camino del Norte pendant cinq semaines en juin. J’ai donc saisi ma chance. Je me suis jointe à elle pour 108 mi (174 km) de son périple de 532 mi (857 km). Quelques mois plus tard, j’ai été invitée au Japon et j’ai fait une randonnée entre Kumano Hongu Taisha et Kumano Nachi Taisha via le Daimon-zaka, un ancien escalier en pierre bordé d’arbres centenaires. Je n’ai eu qu’un avant-goût de ces deux randonnées, mais leur expérience m’a changé.

Les deux sentiers ont en commun un incroyable sens de l’histoire et du pouvoir sacré. Ils bénéficient d’une nature abondante, mais l’expérience va bien au-delà de la beauté esthétique de ces lieux. Les millions de pèlerins qui parcourent ces sentiers depuis plus de 1 000 ans leur ont insufflé un pouvoir difficile à décrire. Malgré les différences entre le Kumano, qui est une religion syncrétique mêlant des pratiques shintoïstes et bouddhistes, et le catholicisme romain, les deux sentiers démontrent le pouvoir spirituel de ces nations.

L’Espagne et le Japon se définissent par leurs traditions religieuses, mais les dévots ne sont pas les seuls à parcourir ces sentiers. Nombreux sont ceux qui partent à la découverte d’eux-mêmes et d’un renouveau spirituel. En vérité, la raison de marcher peut être aussi prosaïque que le désir d’être en bonne santé et de perdre du poids, ou aussi profonde que le rapprochement avec les puissances spirituelles qui définissent votre monde. Quelle que soit la raison pour laquelle vous marchez, vous le faites pour vous retrouver, pour vous déconnecter, pour rencontrer des gens et pour partir à l’aventure à travers la terre et dans votre âme. Il se peut que vous ayez perdu quelqu’un, que vous ayez surmonté un défi physique ou que vous soyez passé à une nouvelle étape de votre vie. Quelle que soit la raison, la marche vous change.

Et tout le monde marche sur ces sentiers. En Espagne, j’ai rencontré deux sœurs espagnoles et leurs familles qui marchaient avec leurs petites filles. L’un des maris portait sa petite fille dans un grand harnais sur son dos, tandis que l’autre mari avait un solide landau pour soutenir sa fille. Au Japon, il y avait des pèlerins d’aujourd’hui avec leurs chaussures de randonnée et leurs t-shirts, mais aussi deux femmes qui portaient des vêtements de l’ère Heian avec de nombreuses couches et des chaussures en bois. Il y avait des gens de tous âges, de toutes nationalités, de toutes corpulences. Ils ont tous marché, tout comme les pèlerins qui les ont précédés depuis plus de 1 000 ans. Un pèlerinage est un voyage qui recrée le passé pour nous inspirer dans le présent. Il nous aide à être plus attentifs, à profiter pleinement de l’instant présent et à réaliser que nous n’avons pas besoin de transporter tant de choses. Au contraire, il nous libère en nous permettant de n’emporter que ce dont nous avons besoin, ce qui clarifie ce qui compte vraiment dans la vie. En pèlerinage, l’important est de savoir où l’on aboutit : non seulement le lieu où l’on arrive, mais aussi la personne que l’on incarne à l’arrivée.

Cet article a été initialement publié dans le numéro 32 du magazine Globetrotting.

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Léa

Je m'appelle Léa Tran et je suis une blogueuse passionnée de voyage en Asie. Depuis mon enfance, j'ai développé une véritable fascination pour les cultures asiatiques. J'ai décidé de créer mon propre blog de voyage pour partager ma passion avec le monde entier.

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